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"Le chauffeur russe" bulletin des chauffeurs de taxi russes

13 mars 2008 | "Le chauffeur russe" bulletin des chauffeurs de taxi russes

"Le chauffeur russe"

Bulletin mensuel d'information de la Section Russe de la Chambre Syndicale des Cochers Chauffeurs
Bourse du travail. 3 rue du Château d'Eau, Paris X.
Numéro 26 de février 1938.

A la une : "Nos exigences"

Journal mensuel, publié à Paris, au contenu professionel et littéraire destiné aux nombreux chauffeurs de taxi "russes blancs". Le premier numéro est paru en mai 1928 sous la direction de F.I Verissotsky.
Le journal donne des informations sociales, syndicales, fiscales, des conseils techniques mais laisse aussi la place à la littérature avec des textes de
Boris Zaitsev ou de Kouprine, des poèmes d'Ivan Bounine ou d'Irina Odoevtseva.


Des centaines de journaux et revues russes paraissaient en France dans les années d'avant-guerre. Beaucoup ont eu une existence ephémère. De nombreuses bibliothèques universitaires les collectent et les mettent à la disposition des chercheurs. On y découvre, parfois encore aujourd'hui, des textes ou poèmes oubliés de grands auteurs russes émigrés qui ont échappé aux chercheurs.


« Durant les vingt glorieuses, de 1919 à 1939, avec près de 45000 russes installés dans la capitale et sa proche banlieue, Paris devient le pôle d’attractions de toute la diaspora russe. » D’où le cliché du prince russe chauffeur de taxi : « ce nomade urbain toujours en déplacement, qui joue un rôle très important au sein de la communauté en exil : il transporte les nouvelles en même temps que les clients, il relie entre eux les différents "villages russes" - Asnières à Boulogne, Clichy à Meudon, il conquiert la ville et colonise les territoires limitrophes, les banlieues où l’exilé, avec un bouleau et un lilas, se recrée un semblant de terre russe »


« Avant-guerre, devenir taxi, c’était avant tout échapper à l’usine, à l’atelier. C’était aussi quitter les petites villes de province pour Paris, la capitale de la diaspora russe, où l’on avait plus de chances de retrouver des amis, des connaissances, et où existait un réseau d’entraide bien structuré. L'accès à la profession était encouragé par les représentants de la communauté russe, qui organisaient des cours du soir, publiaient des manuels en russe : pour de nombreux jeunes, jetés dans la tourmente de la guerre sans avoir eu le temps de terminer
leurs études ou d'acquérir une formation, ce métier représentait la seule possibilité de promotion sociale » « Les critères d’embauche étaient sévères, les grands garages – la G7 en particulier – se montraient très pointilleux sur l’honnêteté : leur réputation était en jeu, il ne devait y avoir aucune réclamation ou plainte de la part des clients, ce qui explique la préférence accordée aux Russes que leur éducation et leur situation précaire incitaient à une conduite exemplaire à tous égards. »
« De 1926 à 1936, le nombre de Russes enregistrés dans la profession a plus que doublé, ce qui témoigne bien d’un enracinement dans cette activité »

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Caricature d'un chauffeur de taxi russe

Hélène Menegaldo note avec ironie :
"Dans l'entre-deux-guerres, les chauffeurs de taxi deviennent un "type" parisien, au même titre que les rapins de Montmartre. ou les concierges sur le pas de leur porte. On les retrouve dans les romans de gare, au cinéma même, car ils sont tous
princes ou grands-ducs déchus, chassés par la révolution de leurs riches demeures où ils faisaient marcher au knout une armée de moujiks barbus... Ainsi les mythes naissent-ils du pavé parisien..."



Hélène Menegaldo : Les Russes à Paris : 1919-1939 Editions Autrement 1998, page 155.

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Chauffeur de taxi russe lisant "La Russie illustrée" années 30

22:30 Publié dans Associations, écoles, unions russes, Chauffeurs de taxi, Revues, journaux | Lien permanent | Commentaires (0)

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