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Chemins nocturnes de Gaïto Gazdanov

09 mai 2007 | Chemins nocturnes de Gaïto Gazdanov

"Chemins nocturnes" de Gaïto (Georges) Gazdanov (1903 Saint-Pétersbourg- 1971 Munich).
Livre broché de 254 pages édité en 1952 à New-York aux célèbres éditions Tchékov. Ce livre était auparavant paru en épisodes, interrompus par la guerre dans la revue russe
"Les annales contemporaines" (n° 69-70, 1939-1940)
Gaïto Gazdanov dans son roman décrit le Paris populaire et la vie nocturne et souvent désespérée des bas-fonds. Il fut chauffeur de taxi jusqu'à 1952

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"Chez tous les auteurs de l’émigration (Nina Berberova, Nadežda Tèffi, Vladimir Nabokov) on trouve des tentatives de stylisation de la langue de l’émigré russe traduite en français, une sorte de langue « hybride » issue de l’émigration. Gazdanov va encore plus loin : son roman comporte des dialogues dans les deux langues. Les premières publications des Chemins nocturnes, qui paraissent en 1939 dans le quotidien Les Annales contemporaines (Sovremennye Zapiski), restées inachevées à cause de la guerre, se distinguent de l’édition finale en volume de 1952 qui a subi un remaniement textuel fondamental : de nombreux dialogues de l’édition originale du journal étaient en français, (un français de jargon des « bas-fonds » parisiens), dont la traduction n’était qu’exceptionnellement donnée dans les notes de bas de page. Dans l’édition définitive, tous ces dialogues ont été traduits en russe et les éditeurs ont supprimé tout simplement le texte français. Comme Tèffi, Ivan Bunin ou Nabokov, Gazdanov dit à sa façon la difficulté pour l’écrivain émigré de survivre sur le plan du langage dans un univers bilingue où chacun était porteur de son propre parler mais aussi de celui du pays d’accueil. Ces dialogues en français apportent à leur façon une réponse à la « querelle linguistique » de l’émigration en rappelant que le russe de cette littérature était une langue bien vivante et non « momifiée » et que cette dimension polyphonique en faisait aussi la richesse."

Sources : Les marqueteries langagières des Chemins nocturnes de Gajto Gazdanov Gayaneh ARMAGANIAN-LE VU
ENS LSH, Institut européen Est-Ouest


Gazdanov étudie à Kharkov en 1912-1919, à la révolution russe il rejoint l'armée des volontaires et combat contre les bolchéviques. Il est évacué de Crimée avec les forces du général Wrangel en 1920. Il passe par Constantinople, la Bulgarie (1923). En 1923 il s'installe à Paris où il vit dans la misère. Il enseignait le français aux russes et le russe aux français, travaillait au noir, s'embauchait comme ouvrier et manoeuvre. Comme de très nombreux compatriotes il devient chauffeur de taxi et travaille de nuit de 1928 à 1952. En 1932, il rejoint une des loges maçonniques de Paris sous l'influence de Michel Ossorguine. Pendant l'occupation, il rejoint les rangs de la résistance tout en restant opposé au régime soviétique. En 1953, il travaille à Munich à Radio "Liberté" (radio anticommuniste qui émet vers le territoire soviétique).

 

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Tombe de Gaïto Gazdanov au cimetière russe de Sainte Geneviève des bois près de Paris

16:40 Publié dans Chauffeurs de taxi | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : gazdanov, émigration russe, chemins nocturnes

Commentaires

Une question, idiote peut-être : ce roman est-il lisible en français ? a-t-il été traduit ?

Écrit par : Le Préfet maritime | 10 mai 2007

Les commentaires sont fermés.