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"La gargotte blanche" de Georges Evangouloff

04 août 2007 | "La gargotte blanche" de Georges Evangouloff

"Belij Dukhan" (la gargotte blanche), premier recueil de poésies de Georges Evangouloff ou Evangoulov, édité à Paris en 1921 aux éditions "Chambre des poètes" en 1921. Livre broché de 43 pages.

Georges Evangoulov a publié ses deux premiers recueils à Tiflis (Tbilissi), une nouvelle à Vladikavkaz. Il émigre visiblement en 1921. Il écrit dans un style acméiste et publie en 1925 un autre recueil " Cendre d'or". Ensuite on perd sa trace et ses poésies malgré leur qualité n'apparaissent dans aucune anthologie de la poésie émigrée russe. Dans les années 30, quelques récit sont publiés en particulier dans
les Annales Contemporaines, mais Evangouloff retombe dans un oubli total.


La couverture de ce recueil est illustrée par le peintre Di Lado.

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Lado Goudiachvili est né le 18 mars 1896 à Tbilissi, il y meurt en 1980). Di Lado réside à Paris de 1920 à 1926, où il expose en compagnie de David Kakabadzé et de Chalva Kikodzé. Il n'est pas vraiment un peintre émigré russe, mais participe activement à la vie du Montparnasse russe entre 1921 et 1926. Il fréquente Picasso, Modigliani, participe au Salon des Indépendants en 1921. Sa peinture est généralement sombre, vert bouteille et noire, ses personnages ou animeaux sont élancés, avec une tendance art-déco. Parfois il évolue vers l'expressionisme dans ses thèmes typiquement géorgiens.

"A son arrivée à Paris en 1921, le peintre n’a que 24 ans. Son art, inclassable, y reçoit un accueil unanime et lui vaut un succès immédiat. A Tbilissi, Gudiachvili appartenait certes au groupe symboliste des « Cornes bleues », qui regroupait peintres et poètes. Mais entre 1917 et 1918, il passe par le futurisme et le cubisme, avant de s’imprégner du style Art déco à son arrivée dans un Paris bouillonnant où il rencontre Derain et Léger, Picasso et Modigliani, et même les Russes Larionov et Gontcharova.

On en conclurait un peu vite qu’il doit son originalité à un jeu d’infl uences multiples. « Peut-on parler d’infl uence ? Non, il vivait à deux pas du café la Rotonde, et la fréquentation quotidienne de tout ce monde lui permettait de voir où allait l’art du temps. C’est un mouvement d’ensemble, même si certains éléments sont décelables dans son oeuvre », pointe Tamaz. « On retrouve les cous allongés et les yeux sans prunelles à la Modigliani, par exemple », précise Iveta. Finalement, le secret qui rend son oeuvre irréductible aux taxinomies d’écoles et en fait un « phénomène unique dans l’art mondial », nul besoin d’aller le chercher aussi loin : « quand il est arrivé à Paris, il avait déjà une très bonne formation d’école, ce « masterstvo », ce métier, qu’il devait aussi à la fréquentation de Pirosmani à Tbilissi. « Il a exprimé et sauvegardé l’identité nationale géorgienne, mais cette empreinte n’avait rien de chauvin : l’art entier de Gudiachvili montre qu’il était sans frontières ».

 Mais pourquoi ce « retour » en Géorgie soviétique, un monde si différent de l’ordre patriarcal dont il gardait la nostalgie, chez un peintre aussi éloigné des idéaux du réalisme socialiste ? Pourquoi cette attirance pour la jeune République socialiste que la majorité des artistes tentaient de fuir en cette année 1925 où Staline venait de succéder à Lénine ? « C’est la nostalgie qui l’a poussé, d’abord. La Géorgie que le peintre avait quittée en 1919 était l’un des pays les plus libres du monde. La Révolution ne s’y est faite qu’en 1921, et en 1925 Gudiachvili n’avait aucune idée de ce qu’il allait y trouver. » Mais aussi, cet artiste apolitique a cédé aux sirènes de l’agitatsia bolchevique. « Cela peut paraître naïf, mais il faut se représenter la situation de l’époque. On appelait les artistes à rentrer au pays pour y chanter le socialisme, on ne savait pas ce qui s’y passait. Et puis il voulait montrer le travail accompli. »

Et étonnamment, il sera exaucé. Il aura droit aux honneurs, non à la répression. Du moins au début. Même si la renommée acquise l’enveloppe d’un voile protecteur, il subit des attaques dès sa première exposition. Dans cette société paradoxale, socialiste et orthodoxe, ses femmes nues lui attirent à la fois les foudres de la critique prolétarienne et l’hostilité d’une partie du public. Dans les années 1930, il subit le sort d’un Boulgakov et peint sans pouvoir exposer, avant de devenir un Pasternak lors de la Grande Guerre patriotique, avec un cycle d’oeuvres « anti-fascistes » qui lui vaudra une rémission. Pour retomber en disgrâce dès 1946, pour avoir osé peindre les murs de l’église de Saint-Georges-de-Kach Véti, à Tbilissi. La seule oeuvre qu’il ait laissée inachevée.

Puis viendra le Dégel.

Mais à en croire les Manacherov, les neiges de cette Russie qu’on croyait éternelles, de n’avoir pas fondu sous les cendres de l’Empire disparu, ont encore bien des paysages inconnus à découvrir aux amateurs d’art de tous les temps."

Simon Roblin

Source : Le Courrier de Russie

 

 

 

18:25 Publié dans Poètes de l'émigration russe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : di lado, littérature, russie, culture, evangoulov, art

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